L’étude secrète d’Alphaville et ses conséquences

Nous savons désormais ce qui a motivé le lancement de la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en décembre 2015 (voir bulletin Elan Solidaire précédent). A l’automne 2015, le permis de construire pour le bâtiment de 3 étages face à la mairie au profit du promoteur TRADI ART à peine accordé, la mairie engageait en catimini le bureau d’études urbaines Alphaville. Sa mission était simple : estimer les possibilités « d’évolution » du centre-ville et de l’espace naturel des Sénillières.
Cette étude dont nous avons appris la connaissance grâce à un autre bureau d’études en urbanisme aurait dû rester secrète. Pourtant elle explique la motivation de Villiers-Village à réviser les règles de construction du PLU et sa difficulté à l’expliquer de façon cohérente.
Le rapport d’Alphaville, de décembre 2015, que nous avons pu consulter après avoir prouvé son existence, est très clair dans son contenu et ses intentions.
Pour le centre-ville (zone UA du PLU), il est proposé au fur et à mesure de la vente des propriétés, une densification des parcelles. Il est par exemple préconisé de raser des pavillons existants (ex : Permis de construire Tradi Art), voire de construire entre afin d’augmenter le nombre de logements par des petits bâtiments. De nombreux exemples sont dessinés et localisés.
Pour le site des Sénillières, cet espace naturel de 15.000m² situé derrière la salle des fêtes René Vedel, le bouleversement est peut-être pire. Mais qui connait les Sénillières ? Qui sait que cet espace composé de jardins a été classé en Zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) par l’Etat et cité comme espace remarquable par la Communauté d’Agglomération. Ce même espace est pourtant perçu comme un terrain de jeu pour promoteurs. A la lecture du rapport Alphaville, la question n’est plus de préserver, voire de développer les jardins, mais de favoriser son accès, de réfléchir à sa densification. Il est proposé de valoriser non pas ce patrimoine naturel unique mais mettre en perspectives ces terres à bâtir.
Les conséquences de l’approbation de ce rapport vont être rapidement visibles. L’équipe Villiers-Village a exigé que le bureau d’études qui rédigera les nouvelles règles de construction du PLU intègre le contenu de ce rapport « secret ». C’est même une des conditions de sa sélection. Le bureau d’études sera donc obligé de proposer une densification du centre-ville et des Sénillières même s’il trouve le principe délirant pour la cohésion de notre village.
Le nouveau PLU sera donc en béton ou il ne sera pas. Pourtant comme nous l’avions évoqué précédemment rien n’obligeait la commune à réviser aussi rapidement son PLU et encore moins à imposer une vision destructrice à court terme de son espace urbain. Il reste l’éternelle question : A qui profitent ces choix ?